L’essentielFaits vérifiés

Ce qu’il faut savoir sur le branchement d’un interphone à 6 fils

  • Un interphone à 6 fils fonctionne le plus souvent en très basse tension, autour de 24 V, sous la norme NF C 15-100.
  • Aucun code couleur n’est universel : deux fabricants comme Urmet et Aiphone câblent différemment un modèle à 6 fils.
  • Un multimètre en position tension continue identifie les 2 fils d’alimentation en moins de 10 minutes.
  • Avant toute manipulation, l’INRS recommande la consignation du circuit, encadrée par la norme NF C 18-510.
  • Au-delà de 30 mètres de câble entre platine et moniteur, la section conseillée passe de 0,6 mm² à 1,5 mm².

5 faits vérifiés3 sourcesmis à jour le 25 septembre 2026

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Pas de norme de couleur

Chaque fabricant choisit son propre code : le rouge ou le bleu ne veulent jamais dire la même chose d’un interphone à l’autre.

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Basse tension, vigilance quand même

Un interphone fonctionne en très basse tension, mais une erreur de branchement peut griller la platine ou son transfo.

Sur un interphone filaire, six fils qui sortent d’un boîtier mural sans étiquette, c’est le scénario que je croise le plus souvent sur un chantier de rénovation. Avant de brancher quoi que ce soit, la seule question qui compte est simple : quel fil fait quoi ? Je vous montre la méthode que j’utilise pour le savoir en quelques minutes, sans abîmer l’ancien matériel ni le nouveau, et sans vous fier à la couleur d’un seul câble.

Comment repérer les 2 fils d’alimentation parmi les 6 ?

Un interphone à 6 fils fonctionne presque toujours en très basse tension, généralement autour de 24 V en courant continu, une plage couverte par la norme NF C 15-100, publiée par l’AFNOR. Sur les six fils, deux seulement transportent l’alimentation permanente de la platine de rue. Les quatre autres servent à la sonnerie, à l’audio et parfois à la commande de la gâche électrique.

Voici, dans l’ordre, ce que je vous conseille de faire avant de toucher au moindre branchement :

  • Couper le disjoncteur qui alimente le transfo de l’interphone, même en très basse tension.
  • Régler votre multimètre en position tension continue, calibre 50 V.
  • Tester chaque paire de fils, deux à deux, en notant celles qui affichent une tension stable.
  • Remettre le courant uniquement pour cette phase de mesure, puis le recouper.
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La paire qui affiche une tension continue stable, souvent entre 12 V et 24 V, correspond à l’alimentation. Les autres paires, à 0 V au repos, portent le signal audio ou la sonnerie : elles ne s’activent qu’au moment de l’appel. Cette vérification prend en général moins de 10 minutes, gaine dénudée sur quelques millimètres pour un contact franc.

Fils électriques dénudés tenus en main avant test

Une fois les deux fils d’alimentation identifiés, coupez de nouveau le disjoncteur correspondant sur votre tableau électrique puis marquez les fils avec un morceau de ruban isolant de couleur. C’est ce repère, et non la couleur d’origine du fil, qui vous servira de référence pour la suite du chantier.

Pourquoi aucun code couleur n’est universel

C’est l’erreur la plus fréquente chez qui débute sur ce type de dépannage : croire qu’un fil rouge signifie toujours la même chose. Deux fabricants comme Urmet et Aiphone peuvent câbler un modèle à six fils avec des couleurs totalement différentes, et un même fabricant change parfois son code d’une gamme à l’autre. Le rouge peut porter la phase chez l’un et un simple contact de sonnerie chez l’autre.

Vous n’avez donc pas d’autre choix fiable que la mesure directe. La documentation d’origine, quand vous la retrouvez, reste la meilleure piste : elle indique la fonction de chaque borne sur le schéma de la platine. Encore faut-il qu’elle corresponde vraiment au boîtier posé sur votre mur : sur un immeuble ancien, plusieurs générations d’interphones se sont parfois succédé sans que la notice d’origine ait suivi, ce qui rend le papier presque aussi peu fiable que la couleur si vous ne le recoupez pas avec une mesure.

Un repère utile, malgré tout : sur beaucoup d’installations anciennes, les deux fils de plus grosse section sont ceux de l’alimentation, parce qu’ils doivent supporter l’appel de courant de la gâche électrique. Ce n’est qu’un indice, jamais une certitude, et il ne remplace pas les quelques minutes de test au multimètre.

Sur un chantier, je prends toujours deux minutes pour noter au feutre, à l’intérieur du boîtier, la fonction de chaque fil une fois identifiée. Ce petit geste évite à la personne qui rouvrira ce même boîtier dans dix ans de refaire exactement le même test depuis zéro, et une photo du câblage prise au téléphone avant fermeture rend le même service si vous devez un jour faire intervenir un électricien.

Remplacer un ancien interphone 6 fils par un modèle 2 fils

Situation fréquente : votre ancienne installation compte six fils, et le nouveau boîtier acheté en magasin n’en demande que deux. Cela traduit un changement de technologie. Les anciens systèmes séparent chaque fonction sur un fil dédié, alors que les modèles récents font circuler l’audio, l’alimentation et parfois la vidéo sur un seul bus.

Dans ce cas, seuls les deux fils d’alimentation identifiés plus haut sont réellement utiles : ce sont eux qu’on relie au nouveau bus. Les quatre fils restants sont débranchés et isolés, mais je vous conseille de ne jamais les couper ni les retirer du mur : ils resteront disponibles si un futur occupant revient à un système filaire classique.

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Fils électriques sortant d un mur avant remplacement

Avant de fixer la nouvelle platine, vérifiez la section des fils existants : un bus récent tolère en général une section plus fine, mais jamais l’inverse. Si le doute persiste sur la compatibilité électrique, la vidéo suivante détaille un branchement complet, étape par étape, sur un boîtier comparable.

Elle confirme un point que je répète souvent sur chantier : on teste toujours hors tension avant de visser la moindre borne, quelle que soit la marque du boîtier. Une fois le nouveau bus raccordé, laissez la platine hors du mur quelques minutes et vérifiez que l’appel sonne bien côté moniteur avant de tout refermer.

Les précautions avant de toucher aux fils

La très basse tension rassure, mais elle ne dispense pas de méthode. L’INRS rappelle que la coupure du circuit, appelée consignation et encadrée par la norme NF C 18-510, reste la seule protection totale contre un risque électrique, y compris sur un circuit annexe comme celui d’un interphone. Avant d’intervenir, coupez systématiquement le disjoncteur dédié, même si le circuit passe par un simple transfo.

⚠️ Ne travaillez jamais sur un interphone raccordé à une gâche électrique sans avoir coupé le circuit : une commande intempestive peut pincer une main coincée dans l’huisserie.

Deuxième point de vigilance : certains interphones partagent leur alimentation avec un contacteur jour/nuit qui gère aussi l’éclairage du hall. Repérer ce partage de circuit évite de couper, par erreur, l’éclairage commun de tout un immeuble en pleine intervention, un désagrément qui arrive plus souvent qu’on ne le pense en copropriété.

Électricien qui inspecte un tableau électrique

Enfin, si votre logement associe déjà l’interphone à un système d’alarme, isolez d’abord la ligne de l’interphone avant tout test : certaines centrales interprètent une coupure de tension sur cette ligne comme un défaut d’intrusion, avec appel automatique à la levée de doute.

Quelle section de câble choisir selon la distance ?

Plus le câble entre la platine de rue et le moniteur intérieur est long, plus la chute de tension en ligne devient sensible, surtout en très basse tension. Jusqu’à une vingtaine de mètres, une section de 0,6 mm² suffit dans la majorité des cas. Entre 20 et 30 mètres, mieux vaut passer à 0,8 mm². Au-delà de 30 mètres, une section de 1,5 mm² limite les pertes et les dysfonctionnements aléatoires du visiophone.

Ces repères restent des ordres de grandeur : vérifiez toujours la notice du fabricant, qui indique parfois une section minimale imposée pour la garantie. Un peu plus bas dans cet article, un outil vous permet de tester l’estimation avec la distance réelle de votre installation.

Comparez ensuite le nombre de fils utilisés selon la génération de votre matériel, cela vous évite d’acheter un boîtier incompatible avec votre câblage existant.

Nombre de fils Fonction assurée Compatible gâche électrique
2 fils Bus audio et alimentation mutualisés Oui, via module dédié
4 fils Audio bidirectionnel simple Rarement sans fil supplémentaire
6 fils Audio, alimentation et gâche séparés Oui, en natif
8 fils Audio, vidéo, alimentation et gâche Oui, en natif
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Quelles sont les erreurs les plus fréquentes au branchement ?

La première erreur, je l’ai déjà citée, consiste à faire confiance à la couleur d’un fil sans le vérifier au multimètre. La deuxième, presque aussi courante, est d’inverser les deux fils d’alimentation : sur beaucoup de platines, l’appareil fonctionne quand même, mais l’affichage ou la sonnerie devient erratique après quelques semaines.

Troisième piège : visser une borne sur une gaine encore isolée, sans dénuder franchement le cuivre. Le contact semble bon au moment du test, puis se dégrade sous l’effet des vibrations de la porte. Je vous recommande de dénuder large, environ 8 mm, et de bien serrer chaque vis avant de refermer le boîtier.

Quatrième erreur, plus rare mais coûteuse : rebrancher un ancien câble multiconducteur sans vérifier son état à cœur. L’isolant d’un fil de plus de vingt ans peut se craqueler à l’intérieur de la gaine, invisible de l’extérieur, et provoquer un faux contact qui n’apparaît qu’après plusieurs semaines d’usage.

Dernier point souvent négligé : ne jamais raccorder le fil de terre d’un circuit annexe sur la carcasse métallique de la platine sans vérifier le schéma du fabricant. Sur certains modèles, cela crée un court-circuit silencieux qui use prématurément le transfo, bien avant que quiconque ne s’en aperçoive.

Je vous recommande, pour finir, de reprendre chaque étape dans l’ordre inverse au moment de refermer : revisser le boîtier, remettre le disjoncteur, puis seulement tester la sonnette depuis le palier. Refermer avant de tester vous oblige à tout réouvrir si un fil a bougé pendant le remontage, alors que l’ordre inverse vous fait gagner un aller-retour complet dans l’escalier. Si votre logement est aussi équipé d’un système d’alarme, ce même test depuis le palier vous confirme du même coup qu’aucun défaut ne s’est déclenché pendant votre intervention.

FAQ sur le branchement d’un interphone à 6 fils

Comment savoir à quoi correspond chaque fil de mon interphone ?

La seule méthode fiable consiste à mesurer chaque paire avec un multimètre en position tension continue : la paire qui affiche une valeur stable, souvent proche de 24 V, correspond à l’alimentation, les autres restent à 0 V au repos.

Un interphone a-t-il vraiment besoin de 6 fils ?

Non : les modèles récents fonctionnent avec 2 fils sur un bus unique, tandis que les installations plus anciennes séparent chaque fonction, alimentation, audio et gâche, sur un fil dédié, ce qui explique les 6 fils des systèmes conçus sous la norme NF C 15-100.

Quelle est la marche à suivre pour brancher un interphone dans un appartement ?

Après avoir coupé le disjoncteur, on identifie les 2 fils d’alimentation au multimètre, on raccorde la platine puis le moniteur selon le schéma du fabricant, et on teste l’appel avant de refermer le boîtier.

Pourquoi certains visiophones n’utilisent que 2 ou 4 fils ?

Les visiophones récents transmettent l’audio, la vidéo et parfois l’alimentation sur un même bus numérique, ce qui réduit à 2 ou 4 le nombre de fils nécessaires, contre 6 à 8 sur les systèmes analogiques classiques.

Quelle section de câble pour votre installation

Distance entre platine et moniteur : 20 mètres

Section conseillée : 0,6 mm². Convient à la grande majorité des maisons individuelles.

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