Ce qu’il faut savoir sur la déclaration d’une location meublée
- Les loyers d’une location meublée à l’année se déclarent en BIC sur la 2042-C-PRO, jamais en revenus fonciers.
- Le micro-BIC s’applique jusqu’à 77 700 € de recettes (83 600 € pour les loyers perçus en 2026), avec un abattement de 50 %.
- Le statut professionnel exige plus de 23 000 € de recettes et des loyers supérieurs aux autres revenus du foyer (article 155, IV du CGI).
- Le guichet des formalités des entreprises délivre gratuitement un numéro SIRET, à demander dans les 15 jours après le premier jour de location.
- Au réel, la liasse 2031 ouvre l’amortissement et le report des déficits pendant 10 ans sur les seuls revenus meublés.
5 faits vérifiés4 sourcesmis à jour le 2 octobre 2026
Micro-BIC
Abattement forfaitaire de 50 % sur vos loyers, minimum 305 €. Vous ne détaillez aucune charge.
Régime réel
Vous déduisez les charges réelles et l’amortissement. Utile quand vos frais dépassent la moitié des loyers.
Formulaire
La 2042-C-PRO accompagne votre déclaration de revenus. La ligne 5NI reçoit le total encaissé en micro-BIC.
Numéro SIRET
Le guichet des formalités des entreprises vous attribue ce numéro gratuitement.
Une location meublée à l’année se déclare sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, rattachée à votre déclaration de revenus. Les loyers entrent dans les bénéfices industriels et commerciaux (BIC), jamais dans les revenus fonciers. Chef de chantier, je ne suis pas fiscaliste, mais je sais ce que coûte une case mal cochée. Voici comment déclarer une location meublée à l’année sans vous tromper, avec les seuils lus sur Service-Public le 2 octobre 2026.
Ce que disent les textes : êtes-vous loueur non professionnel ?
Quand un logement compte-t-il comme meublé ?
Le décret n° 2015-981 du 31 juillet 2015 fixe la règle : un logement est meublé s’il comporte tous les éléments mobiliers nécessaires à une occupation normale par le locataire. Lit, table, chaises, plaques de cuisson, réfrigérateur, rangements.

LMNP ou LMP : dans quelle case entrez-vous ?
Le statut découle de l’article 155, IV du Code général des impôts. Vous relevez du statut de loueur professionnel quand deux conditions se cumulent : les recettes annuelles de votre foyer fiscal dépassent 23 000 €, et elles excèdent vos autres revenus d’activité (salaires, pensions, bénéfices agricoles ou non commerciaux). Une seule condition manque ? Vous relevez du statut de loueur non professionnel, le fameux LMNP. Le test se fait au niveau du foyer et couvre tous vos meublés ensemble.
Pour une location à l’année, c’est le cas de figure le plus courant. Si vous hésitez sur votre statut, je vous conseille d’en parler à un expert-comptable avant de déposer, car un statut professionnel change aussi les cotisations sociales. Et si vous découvrez le sujet, l’article sur louer un appartement meublé pose le décor avant la fiscalité.
Quel formulaire devez-vous remplir, et dans quelles cases ?
Pour déclarer une location meublée à l’année, un seul réflexe : vous déposez la 2042-C-PRO en plus de la 2042 classique, au moment de votre déclaration de revenus en ligne. Les cases changent selon le régime et selon la personne du foyer qui perçoit les loyers. Les trois colonnes correspondent aux déclarants 1 et 2 et à une personne à charge.
En micro-BIC, pour une location meublée de longue durée, vous reportez le total encaissé en 5NI (déclarant 1), 5OI (déclarant 2) ou 5PI (personne à charge). Ce total inclut les loyers, les charges refacturées au locataire et les provisions pour charges. Au réel, vous reportez le bénéfice calculé sur votre liasse en 5NA, 5OA ou 5PA.
⚠️ Les cases 5NG et 5NH ne concernent pas votre bail annuel : elles servent aux chambres d’hôtes, aux meublés de tourisme classés et aux meublés de tourisme non classés. Cocher la mauvaise ligne applique le mauvais abattement.
Autant le dire : le piège classique tient dans la différence entre les lignes. Pour un bail classique de résidence principale du locataire, je regarde toujours la ligne « autres locations meublées » en premier. Un bail mal rédigé fragilise aussi votre fiscalité : les clauses à vérifier figurent dans les étapes pour louer un appartement côté propriétaire.
Micro-BIC ou régime réel : lequel vous coûte le moins ?
Le régime micro-BIC s’applique d’office quand vos recettes de l’année précédente ou de l’avant-dernière année n’excèdent pas 77 700 € pour une location de longue durée. Pour les loyers perçus en 2026, que vous déclarerez au printemps 2027, Service-Public indique un seuil relevé à 83 600 €. L’administration retire alors un abattement forfaitaire de 50 % pour frais, avec un minimum de 305 €. Vous ne détaillez rien et ne déduisez rien.

| Critère | Micro-BIC | Régime réel |
|---|---|---|
| Seuil de recettes | 77 700 € (revenus 2025) | Au-delà, ou sur option en dessous |
| Base imposable | Recettes moins 50 % | Recettes moins charges réelles |
| Amortissement du bien et des meubles | Non | Oui |
| Déficit | Impossible | Reportable sur 10 ans |
| Formulaire | 2042-C-PRO seule | Liasse 2031 plus 2042-C-PRO |
Mon arbitrage tient en une comparaison. Additionnez vos charges réelles de l’année : intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurance, travaux d’entretien, frais de gestion, amortissement. Si le total dépasse la moitié de vos loyers, le réel gagne. Dans le cas contraire, gardez le micro-BIC et gagnez du temps. Pour un logement acheté à crédit et meublé récemment, l’amortissement fait souvent basculer le calcul.
L’option pour le réel se choisit avant la date limite de dépôt de votre déclaration. Elle se reconduit ensuite chaque année, sauf renoncement de votre part. Au réel, la liasse 2031 part au service des impôts des entreprises (SIE), et les déficits ne s’imputent que sur vos revenus de location meublée des dix années suivantes, jamais sur votre revenu global.
Bonne nouvelle en cas de dépassement : si c’est la première ou la deuxième année que vos recettes franchissent le seuil, vous gardez le micro-BIC une année supplémentaire.
Quelles démarches devez-vous faire avant de déclarer ?
La déclaration de revenus arrive en dernier. Avant elle, vous déclarez votre activité au guichet des formalités des entreprises, gratuitement, dans les 15 jours qui suivent le premier jour de location. Cette formalité vous attribue un numéro SIRET, à reporter sur votre déclaration, et fixe le régime d’imposition choisi.

Vient ensuite la cotisation foncière des entreprises (CFE). Son paiement dépend de votre situation, du lieu et de l’usage du bien. Vérifiez votre cas auprès de votre service des impôts des entreprises. La location meublée d’habitation échappe en principe à la TVA, sauf prestations para-hôtelières comme le petit-déjeuner ou le ménage régulier.
Le bail compte aussi : un contrat meublé d’un an, ou de neuf mois pour un étudiant, ne suit pas les mêmes règles qu’un bail mobilité, réservé aux séjours de un à dix mois. Les loyers de l’un comme de l’autre se déclarent toutefois en BIC.
Voici ce que je rassemble avant de me connecter au service en ligne :
- le total des loyers encaissés dans l’année civile, charges refacturées comprises
- les provisions pour charges versées par le locataire
- votre numéro SIRET et votre choix de régime
- au réel, les factures de travaux, les intérêts d’emprunt et le tableau d’amortissement
Les pièges qui coûtent cher à votre déclaration
Avant de déclarer une location meublée à l’année, vérifiez trois points. Premier piège : déclarer les loyers dus au lieu des loyers encaissés. Le fisc retient les sommes réellement perçues dans l’année. Un loyer de décembre payé en janvier tombe donc sur l’année suivante.
✅ Tenez un relevé mensuel des encaissements dès le premier loyer : la somme de ses douze lignes donne le montant à reporter, et ce même relevé justifie votre déclaration en cas de contrôle.
Deuxième piège : croire que le micro-BIC rend toute trace inutile. Conservez quand même les baux, les quittances et les relevés bancaires.
📏 Sous 305 € de recettes en micro-BIC, l’abattement minimum absorbe tout : vous ne payez aucun impôt sur ces loyers, mais vous les déclarez quand même.
Troisième piège : oublier la revente. L’amortissement déduit au réel peut alourdir le calcul de la plus-value à la vente, alors demandez conseil à un notaire ou à un comptable avant de signer. Le délai pour ne pas payer de plus-value immobilière se calcule à part, et vous avez intérêt à le connaître dès l’achat.
Votre déclaration en ligne, étape par étape
Étape 1 / 4
Calculez le total des loyers encaissés dans l’année, charges refacturées et provisions comprises.
Étape 2 / 4
Vérifiez votre numéro SIRET et votre régime : micro-BIC sous le seuil de recettes, réel au-delà ou sur option.
Étape 3 / 4
Ouvrez la 2042-C-PRO et reportez le total en 5NI (déclarant 1), 5OI (déclarant 2) ou 5PI (personne à charge). Au réel, reportez le bénéfice en 5NA, 5OA ou 5PA.
Étape 4 / 4
Relisez les cases, validez, puis conservez baux, quittances et relevés bancaires. Au réel, la liasse 2031 part aussi au service des impôts des entreprises.
FAQ sur la déclaration d’une location meublée
Quelle case faut-il remplir pour une location meublée longue durée ?
Sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, le micro-BIC se reporte en 5NI, 5OI ou 5PI selon la personne du foyer. Au réel, le bénéfice de la liasse 2031 va en 5NA, 5OA ou 5PA.
Quel impôt paie-t-on sur des loyers meublés ?
Les loyers sont des bénéfices industriels et commerciaux, soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. En micro-BIC, seule la moitié des recettes est imposée après l’abattement de 50 %.
Comment alléger l’impôt sur une location meublée ?
Le régime réel déduit les charges et l’amortissement du logement et des meubles, selon Service-Public. Un déficit se reporte sur 10 ans, uniquement sur des revenus de location meublée.
Faut-il un numéro SIRET pour louer un meublé à l’année ?
Oui. Vous déclarez l’activité au guichet des formalités des entreprises, gratuitement, dans les 15 jours après le premier jour de location. Vous êtes alors inscrit au répertoire Sirene de l’INSEE.
Sources
- Service-PublicImpôt sur le revenu : revenus d’une location meublée
- Service-PublicComment obtenir un numéro Siren ou un Siret ?
- Service-PublicCotisation foncière des entreprises (CFE)
- Service-PublicRégime fiscal du loueur en meublé professionnel (LMP)

