Ce qu’il faut savoir sur la création d’une SCI
- Un acte notarié devient obligatoire uniquement si un associé apporte un immeuble à la SCI (décret n° 55-22 du 4 janvier 1955).
- Les statuts écrits doivent respecter les mentions imposées par l’article 1835 du Code civil.
- L’immatriculation d’une SCI passe exclusivement par le Guichet unique de l’INPI depuis le 1er janvier 2023.
- Un expert-comptable n’est jamais une obligation légale, mais devient utile dès l’option pour l’impôt sur les sociétés.
- Les frais de notaire pour un apport immobilier se situent le plus souvent entre 1 000 et 3 000 euros hors taxes.
5 faits vérifiés3 sourcesmis à jour le 12 septembre 2026
Deux professionnels, deux rôles
Le notaire sécurise l’acte quand un immeuble entre en apport. Le comptable organise ensuite la vie fiscale de la SCI.
Le déclencheur, c’est l’apport
Apport en numéraire ou en nature : cette seule question rend le notaire obligatoire ou non.
Le budget varie du simple au triple
Entre des statuts rédigés seul et un accompagnement complet, l’écart de coût est réel. Mieux vaut le connaître avant de s’engager.
Deux mille trois cents euros. C’est à peu près ce que peut coûter la création d’une SCI quand un immeuble entre au capital et qu’un accompagnement complet vient avec. Face à ce chiffre, une question revient sans cesse : faut-il passer par un notaire, un comptable, les deux, ou aucun des deux ? Je vais vous donner la règle exacte, pas une moyenne vague.
Le notaire est-il obligatoire pour créer une SCI ?
Une SCI se constitue à partir de deux associés minimum, sans maximum fixé par la loi. Voici la règle qui tranche tout : le recours à un notaire n’est imposé que si un associé apporte un bien immobilier à la société. Ce n’est pas une option de prudence, c’est une exigence du décret n° 55-22 du 4 janvier 1955 sur la publicité foncière. Tout acte qui transfère la propriété d’un immeuble et qui doit être publié au service de la publicité foncière prend obligatoirement la forme d’un acte authentique. Sans cette formalité, le transfert n’est tout simplement pas opposable aux tiers.
Si votre SCI ne reçoit que de l’argent en apport, en numéraire, vous pouvez rédiger vos statuts sous seing privé, seul ou avec un professionnel du droit. Si le bien que vous apportez est encore sous compromis de vente, réglez d’abord cette étape avant de signer quoi que ce soit : la SCI ne peut recevoir en apport que ce qu’elle possède déjà ou ce que l’associé lui transfère formellement.
Dans les faits, la confusion vient d’un raccourci répandu : beaucoup pensent qu’une SCI impose systématiquement un acte notarié. C’est faux. L’article 1835 du Code civil exige des statuts écrits avec des mentions précises, forme, objet, dénomination, siège, capital, durée, mais rien n’oblige à passer devant notaire pour un apport en numéraire.
Autre point que l’on néglige souvent : quand l’acte notarié est requis, il déclenche aussi une formalité de publicité foncière auprès du service compétent. Comptez un délai supplémentaire de quelques semaines après la signature, le temps que la mutation soit publiée et opposable aux tiers. Ce délai s’ajoute à celui de l’immatriculation, il ne le remplace pas.

Une fois cette question réglée, vous savez déjà si un notaire s’impose à vous. La suite dépend d’un autre choix, tout aussi structurant pour votre projet.
Le comptable est-il vraiment nécessaire pour une SCI ?
Contrairement au notaire, l’expert-comptable n’est jamais une obligation légale, quel que soit le régime fiscal choisi. Vous pouvez parfaitement tenir vous-même la comptabilité d’une SCI, surtout si elle reste soumise à l’impôt sur le revenu avec un seul bien loué nu.
La donne change dès que la SCI opte pour l’impôt sur les sociétés. Là, les obligations comptables se rapprochent de celles d’une société commerciale : bilan, compte de résultat, amortissements. Un comptable devient alors un vrai gain de temps, plus qu’un luxe. Autre cas fréquent : la revente d’un immeuble détenu depuis des années, où le calcul de la plus-value immobilière applicable aux particuliers demande une rigueur que peu de gérants maîtrisent seuls.
Vous gérez une SCI familiale avec deux ou trois associés et un seul bien ? La tenue d’un cahier de recettes et de dépenses suffit largement. Vous montez une structure plus large, avec plusieurs biens ou des associés qui changent souvent ? Le comptable devient vite votre meilleur allié pour éviter les erreurs qui coûtent cher lors d’un contrôle.
Comptez en moyenne entre 400 et 900 euros par an pour un forfait comptable simplifié dédié à une SCI familiale, contre plusieurs milliers d’euros si la structure emploie du personnel ou détient de nombreux biens. Le tarif suit la complexité réelle, jamais la seule taille du capital social.
Comment choisir entre notaire et comptable selon votre projet
Aucun des deux professionnels ne joue le même rôle, et c’est bien là le piège classique : les confondre revient à mal préparer votre dossier. Voici comment je résume la décision.
| Situation | Notaire | Expert-comptable |
|---|---|---|
| Apport en numéraire uniquement | Non obligatoire | Facultatif |
| Apport d’un immeuble | Obligatoire | Facultatif |
| SCI à l’impôt sur le revenu, un bien | Selon l’apport | Rarement utile |
| SCI à l’impôt sur les sociétés | Selon l’apport | Fortement conseillé |
| Succession ou donation de parts prévue | Recommandé | Recommandé |
Cette même question se pose parfois plus en amont, avant même de choisir la SCI : certains porteurs de projet hésitent encore entre une SARL de famille et une SCI, deux structures qui ne répondent pourtant pas au même besoin. La SCI reste réservée à la gestion civile d’un patrimoine, jamais à une activité commerciale.

Un dernier repère avant de trancher : le montant en jeu. Un apport de quelques milliers d’euros en numéraire ne justifie pas le même budget d’accompagnement qu’un immeuble de plusieurs centaines de milliers d’euros transmis à trois héritiers. Si vous préparez déjà une transmission à vos enfants, ce choix mérite une attention particulière : les statuts fixent alors des règles qui dureront des années.
⚠️ Un notaire vous protège sur la validité de l’acte, jamais sur la fiscalité future de la société. Gardez cette limite en tête avant de croire qu’un seul rendez-vous règle tout.
Pour aller plus loin sur la mécanique concrète, ce format vidéo d’un notaire détaille bien les points de vigilance propres à la SCI.
Retenez surtout ceci : la vidéo confirme la règle du décret de 1955, mais elle ne remplace pas un calcul chiffré sur votre propre dossier. Passons justement à ce que vous pouvez faire sans aucun professionnel.
Peut-on créer une SCI sans notaire ni comptable ?
Oui, dans un cas précis : un apport uniquement en numéraire, entre associés qui se connaissent et se font confiance. Vous rédigez alors vous-même des statuts sous seing privé, vous les datez, vous les signez, puis vous déposez le dossier de constitution sur le Guichet unique de l’INPI.
Avant de vous lancer seul, vérifiez ces conditions :
- Le capital est constitué uniquement d’argent, aucun immeuble n’entre en apport
- Les associés sont d’accord sur la répartition des parts et sur le choix du gérant
- Le régime fiscal retenu, impôt sur le revenu ou sur les sociétés, est clairement tranché dans les statuts
- Aucune clause complexe n’est prévue pour la transmission des parts en cas de décès
Une famille qui hésite entre plusieurs montages compare aussi souvent la SCI à l’indivision, une situation par défaut, non choisie, qui pose ses propres règles de majorité. La SCI a justement l’avantage d’organiser cette gestion à l’avance, dans des statuts écrits noir sur blanc.
La vraie question à se poser n’est pas seulement l’obligation légale, mais le risque d’erreur dans des statuts mal calibrés. Une clause de gérance floue ou un objet social trop restrictif se corrige après coup, mais rarement sans frais.
Les étapes concrètes, du projet à l’immatriculation

Une fois le choix notaire ou comptable arbitré, le parcours reste le même pour toutes les SCI. Voici l’enchaînement que je recommande de suivre dans l’ordre.
D’abord, la rédaction des statuts, avec ou sans professionnel selon ce qu’on a vu plus haut. Ensuite, la constitution et le dépôt du capital social sur un compte dédié : la SCI n’a pas de capital minimum imposé, un euro symbolique suffit légalement, même si ce montant reste rarement à la hauteur d’un vrai projet immobilier. Vient la publication d’un avis de constitution dans un support d’annonces légales, une formalité souvent oubliée alors qu’elle conditionne l’immatriculation. Enfin, le dépôt du dossier complet sur le Guichet unique de l’INPI, qui a remplacé les anciens centres de formalités des entreprises depuis le 1er janvier 2023.
Comptez généralement entre deux et quatre semaines entre le dépôt du dossier et la réception du Kbis, selon la charge du greffe compétent. Ce délai grimpe si un immeuble est apporté et que la publicité foncière doit encore être effectuée après l’acte notarié. Si vous constituez le dossier vous-même, prévoyez une relecture attentive de chaque pièce avant l’envoi : une incohérence entre les statuts et le formulaire de déclaration suffit à faire rejeter le dossier une première fois.
Bonne nouvelle : une fois la SCI immatriculée, rien ne vous empêche de faire évoluer son accompagnement. Vous pouvez très bien démarrer seul avec un apport en numéraire, puis solliciter un comptable plus tard si la structure grandit. Le choix du départ n’est jamais définitif, contrairement à ce que beaucoup de porteurs de projet imaginent avant de se lancer.
FAQ sur la création d’une SCI
Combien facture un notaire pour la création d’une SCI ?
Comptez le plus souvent entre 1 000 et 3 000 euros hors taxes quand un immeuble entre en apport, l’écart dépendant de la valeur du bien et de la complexité de l’acte.
Un comptable est-il obligatoire pour gérer une SCI ?
Non, aucun texte ne l’impose. Il devient utile en pratique dès que la SCI opte pour l’impôt sur les sociétés ou détient plusieurs biens.
Peut-on créer une SCI sans passer par un notaire ?
Oui, tant que l’apport reste uniquement en numéraire. Les statuts sous seing privé suffisent, avant le dépôt du dossier sur le Guichet unique de l’INPI.
Un notaire peut-il s’occuper de toute la création d’une SCI ?
Oui, un notaire peut rédiger les statuts et accomplir les formalités d’immatriculation, mais il ne remplace pas un comptable pour le suivi fiscal une fois la SCI en activité.
Quel accompagnement pour la création de votre SCI ?
Comment se compose l’apport prévu dans votre SCI ?
Apport en numéraire uniquement : aucun notaire n’est obligatoire. Vous pouvez rédiger les statuts sous seing privé et déposer directement le dossier sur le Guichet unique. Un comptable reste facultatif tant que la SCI relève de l’impôt sur le revenu.
Apport d’un immeuble : l’acte notarié devient obligatoire, en application du décret du 4 janvier 1955 sur la publicité foncière. Prévoyez entre 1 000 et 3 000 euros d’honoraires pour cette seule formalité, en plus des frais d’immatriculation.
Situation encore incertaine : tranchez d’abord la nature de l’apport avant toute démarche. C’est cette seule décision qui détermine si un notaire est requis, pas la taille du projet ni le nombre d’associés.

