✓ Les infos à retenir
- Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé au monde avec environ 800 000 tonnes épandues annuellement depuis sa synthèse en 1970 par John E. Franz chez Monsanto.
- Le CIRC (OMS) classe le glyphosate comme « probablement cancérigène » (groupe 2A) en 2015, tandis que l’EPA et l’EFSA maintiennent son innocuité selon les usages recommandés.
- Son interdiction aux particuliers et collectivités en France depuis 2019 a ouvert la voie à des alternatives comme le désherbage thermique, le paillage ou l’acide acétique.
- Le glyphosate persiste dans les sols et se dégrade en AMPA, un métabolite qui pollue les nappes phréatiques et les cours d’eau européens.
- En 2023, l’Union Européenne a ré-autorisé le glyphosate pour 10 ans supplémentaires (jusqu’en 2033) malgré l’opposition de la France et l’Allemagne.
Le glyphosate, c’est quoi exactement ?
Le glyphosate est l’herbicide le plus utilisé au monde, et il y a fort à parier que tu en as déjà entendu parler. Synthétisé pour la première fois en 1970 par le chimiste John E. Franz chez Monsanto, il a été commercialisé dès 1974 sous le nom de Roundup. Depuis, des dizaines de produits à base de glyphosate ont envahi le marché agricole et grand public.

Son principe actif agit en bloquant une enzyme clé des plantes : la EPSPS (5-énolpyruvylshikimate-3-phosphate synthase). Cette enzyme est indispensable à la synthèse des acides aminés aromatiques chez les végétaux. Résultat : la plante ne peut plus se nourrir correctement et finit par mourir en quelques jours.
Ce mécanisme d’action, absent chez les mammifères, a longtemps été présenté comme un argument de poids pour justifier son innocuité sur l’homme. Mais la réalité est un peu plus nuancée — on y revient juste après !
Sous quelles formes trouve-t-on le glyphosate ?
Le glyphosate est commercialisé sous forme de sels (isopropylamine, ammonium, potassium) associés à des adjuvants tensioactifs pour améliorer la pénétration dans les feuilles. Il existe en formulations liquides concentrées, en prêt-à-l’emploi, ou en granulés.
Les marques les plus connues incluent le Roundup (Bayer, ex-Monsanto), le Touchdown, ou encore le Ranger Pro. En France, plus de 130 produits phytosanitaires à base de glyphosate étaient homologués avant les premières restrictions réglementaires.
À quoi sert le glyphosate et où l’utilise-t-on ?
C’est l’herbicide total par excellence : il détruit quasiment toutes les mauvaises herbes, qu’elles soient annuelles ou vivaces. Son spectre d’action très large en fait un outil polyvalent dans de nombreux secteurs.
Côté usages agricoles, il est utilisé avant semis pour nettoyer les parcelles, mais aussi en post-récolte sur certaines cultures (blé, colza) pour accélérer la dessiccation. Les cultures OGM « Roundup Ready » (soja, maïs, coton) ont été génétiquement modifiées pour lui résister, ce qui a massivement augmenté les volumes épandus à l’échelle mondiale depuis les années 1990.
Les usages non agricoles sont tout aussi répandus : entretien des voies ferrées (SNCF en était un utilisateur majeur), espaces verts publics, jardins particuliers, bords de routes. En France, son usage a été interdit aux collectivités locales depuis 2017 (loi Labbé), puis aux particuliers depuis 2019.
☝️ Le glyphosate est l’herbicide le plus vendu au monde : environ 800 000 tonnes sont épandues chaque année sur la planète, selon les données de l’USGS et de l’ECHA. En France, il représentait encore près de 9 000 tonnes par an avant le début des restrictions.
Le désherbage des jardins et terrasses
Pour le jardinier amateur, le glyphosate a longtemps été le produit miracle pour venir à bout des mauvaises herbes entre les dalles de terrasse, les allées ou les massifs. Depuis son interdiction aux particuliers en France, des alternatives ont émergé — on en parle plus bas !
Quels sont les risques du glyphosate pour la santé humaine ?
C’est le sujet qui divise, et autant être honnête avec toi : les experts ne sont pas tous d’accord. Deux grandes institutions s’opposent frontalement sur la question.
Le débat entre l’IARC et l’EPA
En 2015, le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer, branche de l’OMS) a classé le glyphosate comme « probablement cancérigène pour l’homme » (groupe 2A), en se basant sur des études épidémiologiques et animales. Cette classification a fait l’effet d’une bombe dans le secteur agricole !
À l’opposé, l’EPA (Agence de Protection de l’Environnement américaine) maintient que le glyphosate n’est pas susceptible d’être cancérigène pour l’homme lorsqu’il est utilisé selon les indications. L’EFSA (Autorité Européenne de Sécurité des Aliments) partage globalement cette position.
La différence ? Les deux institutions n’ont pas évalué les mêmes études, ni selon les mêmes critères méthodologiques. Le débat scientifique reste ouvert, et c’est précisément ce flou qui alimente les controverses depuis des années.
Quelles voies d’exposition et quels symptômes ?
L’exposition au glyphosate peut se faire par trois voies principales : cutanée (contact avec la peau), respiratoire (inhalation de vapeurs ou de brouillard lors de la pulvérisation), et digestive (ingestion accidentelle ou via les résidus alimentaires).
En cas d’exposition aiguë, les symptômes rapportés incluent des irritations cutanées et oculaires, des nausées, des maux de tête ou des troubles digestifs. Les intoxications sévères (généralement liées à une ingestion volontaire massive) peuvent provoquer des atteintes rénales et hépatiques graves.
Les enfants sont considérés comme une population plus vulnérable, notamment en raison de leur proximité avec le sol et de leur comportement main-bouche fréquent. Plusieurs études pointent une attention particulière à porter aux expositions répétées à faibles doses chez les jeunes enfants.
Et les agriculteurs exposés régulièrement ?
Les études épidémiologiques menées sur des cohortes d’agriculteurs — notamment l’Agricultural Health Study qui suit plus de 54 000 applicateurs de pesticides aux États-Unis — n’ont pas établi de lien statistiquement significatif entre l’exposition au glyphosate seul et un risque accru de cancer. Cependant, certaines études pointent un risque possible de lymphome non hodgkinien chez les personnes très exposées.
🔬 En 2023, le renouvellement de l’autorisation du glyphosate dans l’Union Européenne a été approuvé pour 10 ans supplémentaires (jusqu’en 2033), malgré l’opposition de plusieurs États membres dont la France et l’Allemagne. L’EFSA a conclu à l’absence de risque inacceptable, tout en identifiant des lacunes dans certaines données disponibles.
Quel impact du glyphosate sur l’environnement ?
Au-delà des débats sur la santé humaine, l’impact écologique du glyphosate mérite une attention sérieuse. Et là, les données sont franchement préoccupantes.

Persistance dans les sols et les eaux
Le glyphosate se dégrade principalement en AMPA (acide aminométhylphosphonique), un métabolite qui persiste dans les sols bien plus longtemps que la molécule mère. Sa demi-vie dans les sols varie de 2 à 197 jours selon le type de sol et les conditions climatiques.
Des résidus de glyphosate et d’AMPA ont été détectés dans de nombreuses eaux de surface et nappes phréatiques en Europe. En France, le glyphosate figure régulièrement parmi les pesticides les plus retrouvés dans les analyses de cours d’eau effectuées par les agences de l’eau.
Impact sur la faune : abeilles, papillons et oiseaux
Les pollinisateurs sont particulièrement touchés, non pas par une toxicité directe du glyphosate (il n’est pas un insecticide), mais par la destruction des plantes sauvages qui constituent leur habitat et leur source de nourriture. L’EPA a d’ailleurs reconnu des risques écologiques potentiels pour les espèces protégées.
Le cas du papillon monarque est emblématique : la disparition massive de l’asclépiade (leur plante hôte) dans le Midwest américain, liée à l’usage intensif du glyphosate sur les cultures OGM résistantes, est pointée comme l’une des causes du déclin de cette espèce.
Pour les oiseaux et les mammifères, la toxicité directe reste faible aux doses d’utilisation standard. En revanche, l’appauvrissement de la biodiversité végétale impacte toute la chaîne alimentaire.
Comment est réglementé le glyphosate en France et en Europe ?
La réglementation autour du glyphosate est un vrai feuilleton législatif, accroches-toi !
Le cadre européen
Au niveau de l’Union Européenne, c’est l’EFSA qui évalue les substances actives, et la Commission Européenne qui délivre les autorisations. Après un renouvellement controversé en 2017 pour 5 ans, le glyphosate a été ré-autorisé fin 2023 pour une durée de 10 ans, sur proposition de la Commission et après vote des États membres.
Des Limites Maximales de Résidus (LMR) sont fixées pour les denrées alimentaires. Par exemple, la LMR pour le blé est fixée à 10 mg/kg dans l’UE. Ces seuils sont régulièrement contestés par des ONG comme Générations Futures, qui publient des rapports sur les résidus détectés dans l’alimentation.
La situation en France
La France s’est distinguée avec plusieurs restrictions anticipées. La loi Labbé a interdit l’usage aux collectivités en 2017, puis aux particuliers en 2019. Le gouvernement a affiché sa volonté de sortir du glyphosate avant le renouvellement européen, mais les dérogations accordées aux agriculteurs ont largement tempéré ces ambitions.
Des procès retentissants ont aussi marqué l’actualité : en 2018, la firme Bayer (qui avait racheté Monsanto) a été condamnée aux États-Unis à verser des centaines de millions de dollars à des plaignants atteints de lymphome non hodgkinien après exposition au Roundup. Des milliers d’autres procédures sont en cours. Pour les professionnels qui doivent utiliser des équipements de protection lors de l’application de produits chimiques, il est essentiel de disposer des bonnes infrastructures, comme une vérification d’échafaudage roulant appropriée pour garantir la sécurité sur site.
Tableau comparatif : glyphosate vs alternatives de désherbage
| Méthode | Efficacité | Impact environnemental | Coût | Usage particuliers |
|---|---|---|---|---|
| Glyphosate | Très élevée | Élevé | Faible | Interdit depuis 2019 |
| Acide acétique (vinaigre concentré) | Moyenne | Faible | Modéré | Autorisé |
| Désherbage thermique (flamme/vapeur) | Bonne | Très faible | Élevé (matériel) | Autorisé |
| Paillage organique | Préventive | Nul / positif | Faible | Autorisé |
| Désherbage mécanique | Bonne | Nul | Faible | Autorisé |
Quelles sont les alternatives au glyphosate ?
Bonne nouvelle : il existe des solutions efficaces pour se passer du glyphosate, et elles sont accessibles à tous !
Les alternatives mécaniques et thermiques
Le désherbage thermique — à la flamme directe ou à la vapeur d’eau surchauffée — détruit les mauvaises herbes sans aucun résidu chimique. C’est la solution privilégiée par de nombreuses communes depuis l’interdiction du glyphosate aux collectivités. Comptez entre 150 et 400 € pour un désherbeur thermique à gaz à usage particulier.
Le paillage (écorces de pin, BRF, paille) est la méthode préventive la plus efficace en jardin : il prive les adventices de lumière et maintient l’humidité du sol. À coupler avec un désherbage manuel régulier pour les zones déjà envahies.
Les alternatives chimiques à faible risque
- L’acide acétique (vinaigre d’alcool concentré à 15-20%) : efficace sur les jeunes pousses annuelles, à appliquer par temps sec et ensoleillé.
- L’acide pélargonique : d’origine naturelle, présent dans certains produits homologués pour les particuliers, avec une bonne efficacité sur les adventices à feuilles tendres.
Ces alternatives demandent souvent plus d’applications répétées que le glyphosate, mais elles présentent des profils toxicologiques et écotoxicologiques bien plus favorables. Pour un jardin ou une terrasse, c’est clairement la voie à suivre ! Pour les professionnels qui mettent en place des solutions durables en hauteur, une attestation de conformité d’échafaudage garantit le respect des normes de sécurité.
Que faire en cas d’exposition au glyphosate ?
Si tu as été exposé à un produit à base de glyphosate, voici les réflexes à avoir selon la voie d’exposition.
En cas de contact cutané ou oculaire : rince abondamment la zone affectée à l’eau claire pendant au moins 15 minutes. Retire les vêtements contaminés. Si l’irritation persiste, consulte un médecin.
En cas d’inhalation (lors d’une pulvérisation) : éloigne-toi immédiatement de la zone traitée, place-toi en air frais. En cas de difficultés respiratoires persistantes, contacte le 15 (SAMU) ou le Centre Antipoison (numéro selon ta région).
En cas d’ingestion accidentelle : ne fais surtout pas vomir, contacte immédiatement le Centre Antipoison de ta région ou le 15. Garde l’emballage du produit pour faciliter la prise en charge médicale.
Pour l’utilisation professionnelle encore autorisée, le port d’EPI adaptés (combinaison, gants nitrile, lunettes de protection, masque FFP3) reste indispensable. C’est non négociable sur un chantier ou une exploitation agricole ! Le prix de location d’un échafaudage est un investissement important pour les professionnels, tout comme la formation continue en matière de sécurité.
FAQ – Les questions que tout le monde se pose sur le glyphosate
Le glyphosate est-il interdit en France ?
Son usage est interdit aux particuliers et aux collectivités depuis 2019. En revanche, il reste autorisé pour les professionnels agricoles, avec certaines restrictions selon les cultures et les zones d’application (bandes enherbées, proximité de cours d’eau, etc.).
Le glyphosate est-il présent dans notre alimentation ?
Des résidus de glyphosate ont été détectés dans de nombreuses denrées : céréales, légumineuses, farines. Une étude de l’ANSES et des analyses de la répression des fraudes en France montrent que ces résidus restent généralement sous les LMR fixées par l’UE. Mais des associations comme Générations Futures contestent la pertinence de ces seuils pour les expositions chroniques cumulées.
Combien de temps le glyphosate reste-t-il dans le sol après application ?
Sa demi-vie dans le sol est très variable : de quelques semaines à plusieurs mois selon le pH du sol, la température et l’activité microbienne. Son métabolite principal, l’AMPA, persiste encore plus longtemps et est régulièrement détecté dans les analyses de sols agricoles.
Peut-on encore acheter du glyphosate en tant que particulier ?
Non, la vente aux particuliers de produits contenant du glyphosate est interdite en France depuis le 1er janvier 2019. Les produits professionnels nécessitent un Certiphyto (certificat individuel produits phytopharmaceutiques) pour être achetés et utilisés.
Questions fréquentes sur le glyphosate
Quels sont les pays qui ont totalement interdit le glyphosate ?
Plusieurs pays ont instauré une interdiction totale du glyphosate, dont le Vietnam, le Salvador et le Sri Lanka. L’Autriche a tenté une interdiction, mais elle a été annulée pour des raisons juridiques. En Europe, la France limite son usage aux professionnels, tandis que l’Allemagne prévoit une sortie progressive. Environ 20 pays ont restreint son utilisation.
Le glyphosate est-il biodégradable et comment se décompose-t-il ?
Le glyphosate est considéré comme biodégradable, mais sa dégradation dépend des conditions. Il se décompose principalement en AMPA (acide aminométhylphosphonique), un métabolite persistant. Sa demi-vie varie de 2 à 197 jours dans les sols. Les micro-organismes comme les bactéries Pseudomonas jouent un rôle clé dans sa dégradation, mais l’AMPA peut persister plusieurs années dans l’environnement.
Quels sont les effets du glyphosate sur les micro-organismes du sol ?
Le glyphosate perturbe les communautés microbiennes du sol, réduisant la diversité bactérienne et fongique. Des études montrent une baisse de 30 à 50% des bactéries bénéfiques comme les Rhizobium (fixatrices d’azote). Il favorise aussi les pathogènes comme Fusarium, affectant la fertilité des sols. Son impact varie selon le type de sol et la dose appliquée.
Existe-t-il des cultures génétiquement modifiées résistantes au glyphosate ?
Oui, les cultures Roundup Ready (soja, maïs, coton, colza) sont génétiquement modifiées pour résister au glyphosate. Développées par Monsanto (aujourd’hui Bayer), elles représentent plus de 80% des OGM cultivés mondialement. Ces variétés permettent des épandages massifs, augmentant les résidus dans les récoltes et les risques de résistance des adventices.
Quels sont les seuils de résidus de glyphosate autorisés dans l’eau potable ?
L’Union Européenne fixe un seuil maximal de 0,1 µg/L pour le glyphosate dans l’eau potable, conforme à la directive 98/83/CE. Aux États-Unis, l’EPA autorise jusqu’à 700 µg/L. En France, les agences de l’eau surveillent régulièrement, avec des dépassements ponctuels dans les nappes phréatiques agricoles.
